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Nilgiri hills


Train de vie

Après les deux jours d’arrivée et de premier contact à Chennai, j’ai rejoint
Coimbatoire. Ce trajet m’a donné d’expérimenter le train de nuit tamoul en couchettes
seconde classe. Imaginez un wagon à marchandises peint en bleu clair plutôt que
rouge brique. Un couloir sans cloison ni porte, presque au milieu, sépare des
couchettes disposées transversalement par box de 6 des couchettes longitudinales
par 2. Trois ventilateurs par box accompagnent le bruit des boogies fatiguées et deux
néons tentent aussi de refroidir l’athmosphère. Tout communique et donc les gens se
parlent très vite les uns aux autres. Les deux frères qui font le trajet avec moi ont tôt
fait d’entamer la conversation avec un vieux monsieur assis dans le même box. (il est
22h30 les couchettes, des planches rembourées, sont encore en position murale ;
nous attendons le contrôleur). L’un d’eux, juriste dans une association de défense des
droits des pauvres est déja en train d’examiner son cas. Je vais me coucher.

En parlant de transport,  voici un bref aperçu de ce qui cohabite dans les rues et sur les routes tamoules:                                            
                                      
              
                                                                         
                                                  
                                      



























               
J’ai déjà dit à mes frères que la rue tamoule me semble être une belle métaphore de l’Inde actuelle, pour autant que je puisse déja en juger par le petit bout de lorgnette où j’ai la chance de poser mon oeil : il y a une forte envie d’aller de l’avant et un réel mouvement d’ensemble, mais avec de très fortes disparités. Pour le moment, cela se
passe bien et globalement, ça avance. Il y a une forme de respect pour la placide charette à boeufs qui tient la moitié de la route et avance à cinq à l’heure. Et tout le monde s’écarte aussi sans rouspéter pour laisser passer le 4x4 tonitruant (sachant peut-être – d’une sagesse que je commence à apprécier- que de toute façon, il n’ira guère plus vite au final ; et puis au fait, où va-t’il, si vite ?)

 

Dans les rues tamoules, il y a aussi ça .....



Improvisations

La tournée des fraternités est l’occasion pour les frères de montrer un frère
européen, être exotique et rare en ces lieux non-touristiques, surtout quand il parle
anglais et un peu tamoul. Je commence à prendre l’habitude de me préparer à
improviser un petit speech pour les visites annoncées la veille : j’ai dû prêcher pour
les soeurs de la présentation de Saint Joseph de Chennai et pour les Clarisses de
Kotagiri à la messe du matin, partager un chant avec les orphelins de Chengalpatti et
improviser quelques mots d’encouragement devant les enfants de l’école primaire de
Coimbatore tenue par les frères. Chaque fois, il s’agit de saisir l’esprit du lieu et de le
tirer par la queue pour qu’il veuille bien m’inspirer ! Heureusement que l’accent est
déja en soi une musique qui tient l’auditoire attentif... et bienveillant.





La fête

La plupart du temps, quand ce n’est pas à l’occasion d’une messe, cela se passe
après une représentation qui comprend du chant, de la danse et diverses prestations
(blagues, imitations, morceau de musique, etc.). Les 20 postulants de Coimbatore ont
ainsi préparé une petite fête en mon honneur et celui d’une soeur missionnaire à
Malte (cela fait partie de l’hospitalité tamoule). Deux jours après, j’assistai à la
représentation mensuelle qui évalue leur progression dans différentes matières :
anglais (expression orale et écrite), musique, théatre.
Ma tournée a été organisée pour permettre à Joseph Xavier, un des frères tamouls
devenus membres de la province de France et mon guide pour les trois premières
semaines de mon séjour, de bénir la maison de son frère nouvellement construite
dans la banlieue de Coimbatore. C’est une cérémonie qui rassemble la famille et les
proches amis. Elle déploie les symboles liés aux attributs de la maison : ceux de la
prospérité (offrandes alimentaires en tout genre), de la protection (eau bénie
aspergée dans toutes les pièces et sur les gens, cérémonie de bénédiction avec
lecture d’Evangile) et de l’hospitalité (gestes d’accueil des étrangers quand il y en a,
repas partagé, chandelier allumé). C’est mon premier vrai contact avec une foi simple
et riche en même temps, transmise avec responsabilité comme un trésor de traditions
mais aussi comme une source de significations nouvelles pour aujourd’hui.










Paysages

 

 

 

 

 


Après Coimbatore, nous partons en 4x4 pour Kotagiri, fraternité de formation dédiée
à l’étude de la philosophie, située dans une zone montagneuse frontalière avec le
Karnataka, les Nilgiri Hills. Les étudiants ne sont pas là, partis pour un stage dans la
campagne alentour. Le séjour de trois jours et deux nuits sera consacré à la
découverte de la fraternité, l’entretien avec le responsable de formation et une journée
de tourisme : ascension du sommet de l’Inde du Sud (Tottabetta 2634 m), visite du
parc floral de Ooty (Udhagamandagam) et de celui de Connoor.
Cette région a été identifiée très rapidement par les occupants britanniques comme
privilegiée pour la villégiature, particulièrement pendant la saison chaude. L’altitude
(au delà de 2000 mètres en général) favorise en effet le repos. Ce sont aussi des
lieux de création de jardins à vocation scientifique et d’agrément, où la distance des
rapports hommes-femmes qui existe dans la vie courante publique tamoule (places
séparées dans les bus, les églises, les écoles, etc.), se raccourcie sensiblement.
On y trouve enfin trois éléments essentiels à l’économie sinon à la culture tamoule : le
thé, le poivre et le café.



La visite d’une fabrique de thé est incontournable. Mais pas sans péripéties.
D’abord il y a eu la panne de courant dans tout le secteur, pas de quoi s’étonner
apparemment (tous les ordinateurs ont une sécurité en cas de coupure ici). Nous
sommes allés faire un tour après avoir reçu l’accord du contremaître. De retour après
une demi-heure, la réponse était devenue négative. Il a fallu toute l’autorité de la soeur
externe du couvent des Clarisses voisin pour que nous y ayons droit. La qualité de
ses relations avec l’environnement (en majorité hindoue comme partout) lui permet de
s’imposer parfois comme ça. Cette visite a été très instructive. C’est une usine comme
il en existe beaucoup dans cette région. Les extrémités des tiges sont cueillies à la
main, rassemblés dans des cabanes et remontées par d’interminables escaliers de
pierre jusqu’au camion de l’usine. Il y est ensuite étendu sur de grands lits de
planches et petit à petit envoyé dans le circuit de traitement : broyage et réduction en
pâte, malaxage, torréfaction, tamisage.

 

 

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