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Olivier
Olivier18a
ÉDI-TAU

Chers frères et soeurs en saint François

et (néanmoins) lecteurs et lectrices.

Vous avez en main le numéro 18 de notre bulletin régional lancé il y a déjà quatre

ans, et l’équipe de rédaction vous présente ses meilleurs voeux pour cette nouvelle année. Que le «Pace & Bene» de François soit votre leitmotiv.

Nous avons fait un bout de chemin ensemble, essayant de créer un lien entre les Frats, entre les diocèses, et vous tenir au courant de la vie franciscaine en France et ailleurs, quand cela était possible. Vous avez, pour votre part, contribué à l’élaboration de ce journal en envoyant textes et photos, le rendant ainsi «collégial», ce qui était son but principal. De cela, nous vous remercions chaleureusement.


Nous allons, dans ce numéro, vous présenter un «florilège» des conférences qui ont été données, principalement à Lourdes et à Aix, au cours de l’année qui vient de se terminer et qui était celle du 8

ème centenaire de la famille franciscaine.

Ce sera pour nous une façon de tirer notre révérence, et de vous quitter en plein esprit franciscain...

Bernadette, Danielle, Jacqueline

 

COLLOQUE LOURDES 8

 

Olivier18b8e CENTENAIRE DE L'ORDRE FRANCISCAIN

24-25-26 octobre 2009

Près de 2000 membres de toutes les branches de la famille
franciscaine  se sont
retrouvés à Lourdes,
pour trois jours de rencontres festives.
Joie des retrouvailles à travers célébrations, temps de prière,
 conférences, carrefours, jeux scéniques :
l'un sur saint François par les jeunes de Cholet, l'autre sur saint

Paul, par les jeunes de Bitche. Chaque moment était comme
 une réponse au message du ministre général des franciscains
 rappelant, lors de la cérémonie

d'ouverture, la vocation franciscaine dans l'Église et pour l'Église :

"Ouvrezvous au souffle de l'Esprit qui tout renouvelle
chaque matin. Croyez en la
bonté de Dieu, osez vivre
 la radicalité de François comme pèlerins et

étrangers de ce monde, mais enivrez-vous d
'amour pour l'humanité et la création. Portez l'Évangile dans l'esprit d'humilité
 et de pauvreté de notre Père st François".


Quelques extraits de la conférence de Bernard Forthomme

Bernard Forthomme est franciscain, philosophe, théologien et poète

- Souffle de vie évangélique, forme de vie initiée par François et ses frères, le rayonnement
qui nous
vint de la communauté primitive est-il encore vigoureux ?

En ouvrant un vieux manuscrit dans lequel une gravure représente la stigmatisation de
François, on peut voir le séraphin, François, frère Léon et une femme qui assiste
à l'événement. Un des rayons qui vient du séraphin, passe à travers les doigts
de la femme qui prie et vient frapper le pied droit de François.
Le rayon qui vient de Dieu passe par nos mains priantes.
C'est le Christ qui se conforme à nous aujourd'hui parce que nous avons
commencé à nous convertir. Les stigmates révèlent l'abîme

de sensibilité de l'amour de Dieu pour l'homme.

- En retenant l'année 1209 pour le jubilé, les frères ont décidé de mettre en évidence
le voyage à Rome, l'importance de la communauté chrétienne, voir le pape comme
ce qui représentait son

attachement au corps du Christ, communauté humaine réunie dans le coeur du Christ.

Ce qui importe pour François : la joie, reçue pour être donnée aussitôt, lien entre les hommes,
et lien entre les hommes et la création tout entière ; puis une fraternité de conversion "régulée",
car la règle est point de repère, nécessaire décentrement et protection des plus faibles ;
enfin sagesse, pour animer la fraternité. Sagesse "mineure", qui reconnaît que la paternité
de Dieu est révélée aux petits.

François nous conduit sans cesse à croire que le meilleur est devant nous parce que c'est

l'accomplissement de la parole de Dieu.


Table ronde

-

Soeur Claire-Élisabeth rappelait combien sainte Claire avait su devenir elle-même
fondatrice dans
une grande liberté, tout en se reconnaissant totalement
dans l'expérience de François.

-

Agnès Reuillart soulignait le sens de la fraternité de François à travers son refus
de toute
hiérarchie entre les laïcs et entre les frères et les laïcs.
Quant à son mari
Christian, il montrait la place de la prière pour mettre Dieu
au centre de notre vie, dans la simplicité et la paix avec soi même.

-

François Bertillo faisait part de son expérience à Narbonne :
si les gens ne viennent pas, il faut
aller vers eux
avec des propositions : célébrations, formation, disponibilité,
rencontres festives…

-

Soeur Élisabeth Robert définissait l'axe missionnaire :
servir sans dominer, accueillir sans exclure,

ce qui conduit aussi à faire l'expérience de l'impuissance.

- Et pour frère Pascal (capucin), c'est la présence "gratuite"
dans un quartier pauvre qui permet de
faire monter le chant
de la création vers Dieu, dans la rencontre de tout homme
avec un coeur
fraternel.


Carrefour des initiatives

Le carrefour des initiatives proposait des temps d'information et de réflexion sur :
Franciscains en
prison, "Franciscans international" à l'ONU,
groupe de dialogue interreligieux, écologie franciscaine,
cercles du silence, itinérances franciscaines, fraternité de Tibériade,
l'hospitalité franciscaine, enfance et jeunesse franciscaine
 – vacances franciscaines en famille.


Quelques extraits de la conférence de Fabrice Hadjadj

Fabrice Hadjadj est écrivain, "juif, de nom arabe
et de confession catholique"

 

 

.

Y a-t-il une spécificité franciscaine ? François, c'est le saint de la crise.
Il est parti de rien et il est
arrivé… à rien !


Le rien

: on dit que Dieu a créé le monde à partir de rien.
Chez François quand il n'y a rien, c'est
mieux. Le terme de pauvreté revient partout :
"suivre les traces du Christ et sa pauvreté". Mais quelle pauvreté ?
C'est intéressant qu'il parle du vêtement comme fils de drapier !
Critique
intérieure permanente qui le fait épouser la crise.
François se dépouille, il embrasse la pauvreté.
À partir de la pauvreté, il résout trois antinomies majeures :
entre être avoir, entre fraternité et hiérarchie et entre la croix et la joie.

- Entre être et avoir

François a une expérience fondamentale, celle de l'argent. Il faut toujours donner,
d'où travailler
davantage et fini le shabbat, le jour où l'homme accueille, reçoit !
On reste au niveau de l'avoir, on reste dans la logique du donner
pas dans celle de l'être et du recevoir. Le don c'est ce qui attire le plus le démon,
car on peut donner sans avoir reçu, le démon part de son propre fonds.
Si on veut donner dans l'ordre de l'être, on ne le peut sans avoir reçu de Dieu.
La pauvreté dans l'avoir nous fait entrer dans la richesse de l'être.
L'avoir c'est le propre de l'homme car il produit avec ses mains.

 

- Fraternité et hiérarchie

L'argent met en question la hiérarchie de sang. Les bourgeois sont des "minores"
et les nobles des
"majores". L'argent donne le pouvoir le plus fragile.
François va penser une fraternité dans l'être: avoir  le sens de la fraternité divine
suppose la présence d'un père.
Ce n'est pas la fraternité républicaine sans père
mais une fraternité avec toutes les créatures, avec les éléments
et même avec notre soeur la mort, cela en raison même de la pauvreté ontologique.
Tout se reçoit de Dieu-Père qui établit une nouvelle hiérarchie,
chacun est comblé selon ce qu'il peut recevoir. Cela vaut pour la

hiérarchie ecclésiastique chez François : respect pour les prêtres
et pour le pape : hiérarchie de service et non de pouvoir,
donc ordonnée à la fraternité universelle. Les grandeurs de hiérarchie

sont ordonnées aux grandeurs de hiérarchie de pauvreté.

 

- La croix et la joie

François est le premier stigmatisé de l'histoire. La croix est moins oeuvre d'injustice
qu'oeuvre de
joie. La joie reçue de Dieu vient crucifier notre orgueil.
La créature fermée doit se déchirer. La joie veut se communiquer.
Il faut donc souffrir pour la joie. C'est la joie qui va commander :
François crucifié est le même que François joyeux qui loue le Seigneur,
une louange qui en appelle à toutes les créatures. Elle en appelle au futur :

"je chanterai le Seigneur…" cette entrée radicale, elle nous ouvre à la pauvreté.

Vous trouverez l'intégralité des interventions dans le n° spécial Lourdes
"Les grottes de Saint Antoine", 41 av. E.

Michelet 19100 Brive – site www.fratgsa.org



AIX EN PROVENCEOlivier18c

COLLOQUE DU 8

 

e CENTENAIRE DE L'ORDRE FRANCISCAIN

À l'occasion du 8

e centenaire de l'ordre franciscain, et dans le cadre de l'école Notre- Dame,
le Père M. Savalli nous réunissait le 14 Novembre 2009, à St Thomas de Villeneuve,
pour
participer à un colloque dont nous reprenons les différents thèmes
développés par quatre intervenants.


L'origine du mouvement :

C'est à partir de tous les écrits de et sur François, (son "Testament", les biographies,
celles
de Thomas de Celano, et de Bonaventure, "La légende des trois compagnons",
la "Legenda major"), que nous nous intéressons à la naissance de l'Ordre,
le replaçant dans le contexte du XIII
e siècle, à l'appel auquel à répondu François,
et la mise en place de la première règle et de son approbation par
le pape.

Nous transportant dans ce début du XIII e siècle,
nous découvrons un jeune fils de marchand
échangeant confort et vie aimable
pour prêcher la pénitence et mener une vie de pauvreté. Agitation autour de lui,
car ce laïc entraîne rapidement à lui quelques jeunes 
  qui s'attachent à ses pas.
Le conférencier retrace le passage de la vie insouciante de François,
jeune homme riche et gâté par son père à celle du mendiant qui "rebâtit l'Église",
les moqueries puis l'admiration que son enthousiasme et la pauvreté de sa vie
suscitent, car la joie de la vie de pauvre est le dénominateur commun du groupe.
Ils sont 12 dont un prêtre, et se préparent à aller à Rome demander au pape

l'approbation de leur mode de vie :

"… allons nous présenter à notre mère l'Église pour nous mettre sous son autorité."

La rencontre avec le pape Innocent III se place d'abord sous le signe de la déconvenue.
Le
pape avait certainement des informations sur le petit groupe.
Les compagnons se disent "frères", mais le mot "fraternitas" est dépourvu
de consistance canonique. Ils prêchent l'Évangile, mais qu'en connaissent-ils ?
Quelle formation théologique ont-ils ? Problème de la compétence dogmatique de

l'Église. Leur place dans l'Église rejoint la préoccupation majeure du pape :
les hérétiques, cathares et vaudois qui eux aussi vivent une pauvreté
affichée du vêtement, itinérance, référence exclusive à l'Évangile,
prédication de laïcs non formés, risque de manichéisme. La lutte contre les cathares

devient croisade contre les Albigeois, suivie de massacres.

Innocent III constate que la prédication languedocienne telle que pratiquée par Diego
de Cosma et Dominique de Guzman porte plus de fruits lorsque les prédicateurs
sont acquis à la vie pauvre des hérétiques. Le pape, homme de prière
mais aussi de décision, avait pris acte de cette réussite comme une méthode
pastorale nouvelle, c'est pourquoi il autorise un groupe vaudois "

les pauvres catholiques", à prêcher mais il leur impose une "proposition de vie",
ainsi ne doivent-ils
s'exprimer ni sur le dogme, ni sur les commentaires d'Évangile.
Ne leur est autorisée que
l'exhortation à la pénitence, à la paix, à la réconciliation.
Ensuite c'est le clergé qui fait la prédication doctrinale.
On comprend la réaction du pontife devant le petit groupe de François.
En particulier il refuse la pauvreté totale, chaque groupe devant assurer sa survie.
Ce que dit François est touchant, mais sujet à caution : il prêche une doctrine,
il interprète les Écritures, ce que le pape voulait éviter chez les laïcs.
Pour François, il est hors de question de se décourager. Il est reçu par le pape
et fraternellement écouté. Mais aucune décision n'est prise.

 

"Il faut prier pour connaître la volonté du Seigneur". Les cardinaux sont très réservés.
Tous prient, la légende raconte les songes du pape,

réponse "clin d'oeil" à la prière, qui conduisent à la décision.

Parfaite soumission de François envers l'Église romaine
(il l'affirmera dans son Testament).

Sa foi si étroitement nourrie de l'Évangile n'en passait pas moins
indéfectiblement par l'Église. En matière canonique, la règle est vécue
sous l'autorité de François lui-même soumis au pape. C'est une

stricte hiérarchie qui remonte jusqu'au pontife. Pour leur permettre
de prêcher la parole de Dieu sans être inquiétés, le cardinal fit donner
la tonsure à tous car il voulait qu'ils fussent clercs : une

petite tonsure voulue par François, pour rester solidaire des frères laïcs.

Le statut canonique restait au début celui des laïcs sauf pour François
et les prêtres qui entraient dans l'ordre. L'apostolat était pour l'exhortation
et non la prédication :

"prêchez la pénitence selon ce que le Seigneur voudra vous inspirer"

Pas de formation théologique en 1209.

Prêcher à tous : envoi direct du pape à tous les diocèses, la mission est donc générale.
Les frères
prennent rarement la parole dans les lieux de culte, mais dans les rues,
ils sont les jongleurs de Dieu.

Lors de cette rencontre historique de 1209, le pape prend la mesure spirituelle
de cet apôtre hors du commun. L'effet est déterminant pour la consolidation de l'ordre,
mais l'immense succès met en danger l'exigence de pauvreté.

 

"François parcourait dans la joie villes et villages, la vigne

du Seigneur se mit à pousser…".

Notes sur l'intervention de Charles de la Roncière,
professeur émérite à l'Université de Provence


Le développement de l'ordre franciscain au XIII
 e siècle

Moins de 50 ans après la fondation de l'ordre, le groupe connaît une extraordinaire

transformation : à partir de 12 laïcs pénitents, dont certains illettrés, ils sont 30 000
à la fin du XIII
e siècle. Toutes les réactions ne seront pas positives !

- Au début les frères sont des laïcs, sans feu ni lieu. Le mode de vie primordial,
c'est le travail manuel. On n'aura recours à la mendicité que lorsqu'on n'aura pas reçu
le salaire de son travail, comme les pauvres. À cette pauvreté s'ajoute une prière intense.
On prêche et on vit en commun. Le premier facteur de l'évolution est le nombre :
12 personnes peuvent coucher n'importe où, mais l'armée de 30 000 religieux de la fin
du XIII
e siècle, on en fait quoi ? Vers 1212, François en Espagne se persuade
qu'il faut des lieux fixes. Il y aura la donation de l'Alverne, la Portioncule qui

appartient aux bénédictins du mont Subasio. Les frères utilisent le droit féodal
dans lequel on distingue la propriété d'un bien et son usage.
Les bénédictins sont propriétaires, les frères ont l'usage du lieu.
La prédication qui conduit les frères à se déplacer partout pose aussi question.
La 1
e communauté relève de l'évêque d'Assise, mais le jour où ils sont à Arezzo,
c'est l'évêque d'Arezzo
qui est compétent. Une hiérarchie s'instaure alors
avec un ministre général responsable auprès du pape.

- Puis l'ordre se cléricalise car le mode de vie évangélique attire beaucoup
et en particulier le clergé.

Prédication de foi, dispense des sacrements, médiation qui conduit
à la réconciliation avec Dieu, les franciscains participent à cette promotion
de la médiation de l'Église, ligne directrice de son évolution générale.
Les conséquences : on ne peut pas traiter un prêtre comme on traite un laïc
car il a des obligations : réciter l'office, célébrer la messe,
et il lui faut des ornements liturgiques décents.

On n'attend pas des frères laïcs le même service d'Église que d'un prêtre.
L'idée de faire travailler un prêtre de ses mains est aberrante au Moyen-Âge.
Son rôle est la formation spirituelle, l'assistance aux malades, la catéchèse,
les sacrements… et du moment où les prêtres confessent, il faut les former,
les frères iront donc dans les universités ce qui ne se fera pas sans affrontement.

- Un autre problème apparaît, la querelle entre mendiants et séculiers.
En effet, lorsque les franciscains arrivent à Bologne, Paris ou Londres,
l'Église existe depuis 800 ans. Le terrain est donc déjà occupé.
Les nouveaux sont des intrus, mais le plus souvent bien accueillis
(sauf au Nord de la Norvège, en Hongrie…).
Après 1250, les problèmes commencent à surgir pour les dominicains

comme pour les franciscains. Les religieux ont construit des chapelles
où les gens se rendent plutôt qu'à leur paroisse.
Le curé de paroisse n'est donc pas d'accord, car les aumônes sont en jeu,
de même lorsque les ordres ouvrent des cimetières
et que les fidèles préfèrent s'y faire enterrer. La solution au conflit
sera trouvée à travers l'ecclésiologie grégorienne. La raison d'être des frères,
leur justification, c'est la mission pontificale car le pape a autorité
sur tous les chrétiens et tous les évêques. On arrive donc
à une immense armée missionnée par l'Église et la papauté.
Qui peut alors les empêcher de vivre l'Évangile ?

Notes sur l'intervention de Jacques Paul, maître de conférences
à l'Université de Provence


Vie, Message et actualité de Ste Claire

Les clarisses et les franciscains sont deux ordres autonomes,
il n'y a pas d'incorporation des
clarisses avec le 1 er ordre.
Sainte Claire, la
"petite plante" de François, reproduit sur le plan
féminin
son idéal de pauvreté. Patricienne se mettant à l'école de
François, elle n'est pas une réplique
mineure de son maître,
sans grande personnalité. Les rapports sont complexes. Depuis le
8
e centenaire de la naissance de Claire en 1994, sa personnalité émerge.

- Dans son Testament, elle rapporte la prophétie de François
sur les pauvres dames :

"Venez aidezmoi au chantier parce qu'il y aura là des dames qui,
par leur sainte conduite, glorifieront notre
Père céleste"

priait François lorsqu'il réparait St Damien, sans doute touché par
une intuition divine.

Mais Claire précisera que sa vocation à suivre le Christ pauvre lui vient
du Seigneur-même. C'est
l'insistance et la persévérance de Claire
à mener cette vie de très haute pauvreté qui a poussé

François à prendre soin d'elle. Les soeurs vivront du travail
de leurs mains sans accepter aucun revenu.

 

François opte pour une vie de prédication sans
pour autant renoncer à la vie d'ermitage, Claire
reste dans la prière alors qu'elle aurait pu s'investir dans
une action caritative. D'où deux modes de vie propres,
deux ordres autonomes mais liés intimement :
regarder, méditer, contempler le Christ

enfant dans la crèche, serviteur dans le lavement des pieds,
victime offerte dans sa passion où il

donne sa vie pour les hommes.

En 1216, le privilège de très haute pauvreté c'est le droit de
n'être contrainte par personne à accepter une propriété.
L'approbation de la règle, deux jours avant la mort de Claire,
sera probablement le 1
er document écrit du franciscanisme,
les frères n'avaient qu'une approbation orale. En 1218, le cardinal

Hugolin essaie de réunir diverses congrégations féminines
pour en faire
"la congrégation des pauvres dames"

. Claire doit se soumettre, mais elle garde pour St Damien
le privilège de très haute

pauvreté : dépendance directe du St Siège, autonomie interne sous l'autorité
de l'abbesse, lien
profond, mais non institutionnalisé avec les frères.

- Après la canonisation de Claire en 1255, la gloire semble sans lendemain
Seuls une dizaine de monastères sur une centaine semblent
suivre sa forme de vie. Pour St Damien, l'approbation apparaissait
comme une concession amicale. Pour les frères, la charge des soeurs
devient trop lourde. En 1259, est élaborée une nouvelle règle
pour les monastères fondés par Isabelle de France.

En 1243, Urbain IV entreprend de réunir toutes les moniales
sous une nouvelle règle dite "urbaniste". Il n'y a plus de référence à la pauvreté,
on accepte des servantes au service des soeurs.

C'est là la suppression de points essentiels. Les frères visiteurs ont autorité
dans les monastères : alors que Claire demandait un service de vigilance,
les rapports sont devenus disciplinaires.

- L'ordre se développe pendant un siècle et demi. La règle de Claire est oubliée,
décadence des communautés. Mais la règle refait régulièrement surface
dans les réformes : Bernardines, Colettines, Capucines…
Il faut attendre la Révolution française et ailleurs les diverses persécutions

qui font disparaître les monastères et lorsqu'ils sont refondés,
ils reprennent la règle de ste Claire.

Actuellement il y a 15 000 clarisses dans 900 monastères,
tous de la règle de ste Claire. Des monastères ferment,
mais des fondations naissent. En Afrique, on assiste à des fondations
de la 2
 e génération, par les africaines elles-mêmes.

Notes sur l'intervention de Mère Marie Colette,
abbesse du monastère des Clarisses de Nice


Saint François d'Assise aujourd'hui

Que peut-on dire de François d’Assise aujourd’hui dans un monde
autre que celui du XIII
e siècle, après huit cents ans d’histoire franciscaine
assez mouvementée ? Le choix de l'angle
d'approche sera institutionnel,
s'appuyant sur la vie de l'Ordre des Frères Mineurs, marqué aussi par

l'Europe occidentale, origine culturelle de l'auteur du propos oblige,
et par son lieu de vie : le quartier pluriculturel et plurireligieux de Noailles, à Marseille.
Avec le huitième centenaire de l’approbation orale, par Innocent III,
du propos de vie de François et de ses premiers frères, nous

faisons mémoire de ce que François dit lui-même dans son Testament :

« Et après que le Seigneur m’eut donné des frères,
personne ne me montrait ce que je devais faire, mais le Très-Haut lui-même

me révéla que je devais vivre selon la forme du saint évangile.
Et moi je le fis écrire en peu de mots

et simplement, et le seigneur pape me le confirma »

.

- Vivre selon la forme du saint évangile, voilà le propos tout simple de vie
de François et des
premiers frères. Propos tout simple à énoncer
mais parfois complexe à vivre. L’histoire des frères a montré
qu’il était bon de revenir toujours à cette source première qu’est l’évangile
et à cette deuxième source qu’est la Règle, la forme de vie,
qui dit comment accueillir cette Bonne-Nouvelle

de Jésus-Christ, en vivre intensément et l’annoncer à tous les hommes.
Le Concile Vatican II a invité tous les Ordres et Congrégations religieuses
à opérer un retour aux sources, dans la fidélité à l’esprit du fondateur.
En effet, l’actualisation d’une forme de vie se fait toujours au carrefour de

trois réalités : les sources, le contexte et la communauté. Il s’agissait donc
de revisiter les sources franciscaines dans le contexte des années soixante
pour la vie et la mission de la grande communauté des frères mineurs.
Ce regard sur le charisme fondateur allait soutenir et accentuer,

d’une part, une recherche intellectuelle sur les écrits de François d’Assise
et les sources primitives et promouvoir, d’autre part,
une manière renouvelée de vivre, soutenue par un appareil législatif

renouvelé.

 

« Accueillant dans la foi l’Évangile du Christ, François a eu conscience
d’être envoyé
au monde avec ses frères, pour attester par son genre de vie
et proclamer par la parole la
conversion à l’Évangile,
la venue du Règne de Dieu et la manifestation de son amour parmi les

hommes. La conscience de cette mission lui donnait le dynamisme
spirituel, la mobilité, l’audace de tous les départs, et le poussait au milieu
des hommes, chrétiens ou non, pour partager avec eux,

dans leur situation concrète, la toujours jeune et joyeuse Bonne Nouvelle. »
(  Fr Constantin Koser, ministre général OFM, 01/06/1973
dans l’allocution d’ouverture du 179° Chapitre général
des frères mineurs à Madrid.
In « Documents du Chapitre de Madrid », Montréal 1973.)

 

 

- Actuellement, du moins pour la période 2003-2009, le gouvernement général
de l’Ordre invite les
frères, à travers les projets provinciaux, locaux et personnels,
à privilégier certaines priorités :

l'esprit de prière et de dévotion, la communion fraternelle, la minorité,
la pauvreté et la solidarité,

l'évangélisation et la mission, la formation et les études.

- Dès que les frères ont été quatre, ils sont partis, pour un temps,
deux par deux pour annoncer l’évangile. En 1217, les Provinces
sont créées permettant une certaine autonomie régionale pour la

vie des frères et une certaine latitude pour penser la présence et la mission.
Depuis cette date, l’expansion géographique n’a cessé de se développer,
liée bien souvent à une croissance démographique de l’Ordre
et à la mission de l’Église. Les structures de Provinces n’ont fait

qu’accompagner ce mouvement géographique.

Aujourd’hui, du moins au 31 décembre 2007, l’Ordre des frères mineurs franciscains
est présent dans 107 nations et comprend 110 entités (provinces et custodies).
La photo de famille sur 100 novices donne 35 frères d’Amérique centrale et latine,
19 frères d’Asie et d’Océanie,  19 frères d’Europe de l’Est,
14 frères d’Europe occidentale, 9 frères d’Afrique et du Proche Orient
et 4 frères d’Amérique du Nord. Cette photo donne le visage de l’Ordre demain.

- Il est bon de faire référence à différents projets de l’Ordre qui ont vu le jour
ces vingt-cinq dernières années en vue d’implanter l’Ordre franciscain :
en Asie le projet Thaïlande et le projet Chine, en Afrique, le projet Afrique,
en Europe, le projet Russie, plus récemment le projet du Maroc.
Que dire du visage de François d’Assise avec cette internationalisation ?
Les valeurs franciscaines rejoignent chaque homme, quelle que soit son origine.
Mais la mise en oeuvre de ces valeurs et leur expression concrète sont à « inventer »
dans chaque région du monde. Les rencontres de frères, à tous les niveaux,
permettent de découvrir un langage commun avec des différences de

mise en oeuvre. Déjà, dans la Règle, François indiquait que des coutumes
pouvaient différer selon les régions.

- En Avril 2009, s’est tenu, pour la première fois, un Chapitre des Nattes international
de la famille franciscaine. François d’Assise a suscité, de son temps,
beaucoup de générosité et nombreux sont celles et ceux qui ont voulu vivre,
en lien avec lui, la vie selon l’Évangile telle qu’il le proposait

avec ses frères. Le frère Thaddée Matura n’hésite pas à dire que la famille
franciscaine est un « lieu porteur de l’identité » franciscaine.
Le premier rassemblement français et belge francophone a eu lieu à Versailles
en 1984. Il a généré le goût de travailler ensemble tant au niveau national qu’au

niveau local ou régional. Beaucoup de Conseils Pléniers de la famille ont vu le jour.
Sans trop de structure et sans aucun pouvoir de décision, ils ont pu faire naître
et accompagner beaucoup d’initiatives locales. Le visage de François est la référence.
Mais, grâce à Dieu, d’autres visages émergent : bien-sûr Claire d’Assise
mais aussi Élisabeth de Hongrie, Marie de la Passion,

Maximilien Kolbe, etc. François n’est plus seul ! Et tant mieux !
À la célébration de clôture du 8
e Centenaire à Lourdes, des enfants ont porté
les portraits de tous ces saints et ont eu un vif succès.

- Les historiens actuels permettent de bien avancer sur les sources franciscaines
et donnent des clefs indispensables pour cette question.
La première vie de st François date de 1228 et est signée Thomas de Celano :
une vie commandée au moment de la canonisation de François : c’était une vie

de saint qu’il fallait rédiger ! Depuis cette date, François a fasciné
beaucoup d’écrivains. L’époque récente a permis un travail important sur les sources :
sources premières que sont les Écrits de François d’Assise
et sources secondaires que sont les premières biographies et autres documents

jusqu’à l’époque des Fioretti (environ 1350) soit un bon siècle après la mort
de François. Tout ce travail sur les sources franciscaines permet d’affiner le visage
de François d’Assise. Il n’est pas anodin de privilégier telle ou telle source
puisque chaque source secondaire a été écrite dans un contexte donné et qu’elle
se faisait l’écho d’une problématique particulière liée à l’histoire du

mouvement franciscain.

- Il en est de François d’Assise comme d’une ville avec le centre et la périphérie.
Très souvent François est abordé par la périphérie. Ce qui importe, c’est de quitter
la périphérie quelle que soit la porte d’entrée et d’entrer au coeur de la vie
et du message de François d’Assise. Celui-ci nous

conduira non pas à lui-même, mais au Christ et à l’Évangile.

« Le Seigneur nous donna notre très bienheureux père François comme fondateur,
planteur et notre aide dans le service du Christ »

.

 

Notes sur l'intervention du Frère Jean-Paul Arragon, ofm

 

 

QUELQUES NOUVELLES DES DIOCÈSES


Marseille

Marie-Ange a choisi de quitter sa "charge" d'animatrice diocésaine, avant la fin de son

2 e mandat, pour mieux consacrer ses forces et son temps à son papa vieillissant
et toute sa famille.

Nous comprenons ses raisons et la remercions bien chaleureusement pour tout
ce qu'elle a fait et
nous a fait faire, en particulier dans le domaine de la prière
et pour la célébration du Jubilé du 8
e Centenaire de l'Ordre franciscain, qui a été,
dans notre diocèse de Marseille, vraiment vécu dans la
Joie et en famille franciscaine
bien soudée ! Nous la remercions aussi de continuer à représenter la

Fraternité Franciscaine Séculière au sein du Groupement de Vie Évangélique,
assez vivant dans notre diocèse, ce qui est bien une façon de tout à fait rester des nôtres !

MERCI À TOI, CHÈRE MARIE-ANGE !


Les fraternités concernées par ce départ se sont réunies le dimanche 17 Janvier 2010,
auprès de Notre Dame de la Garde, chez les soeurs franciscaines missionnaires
de Marie, afin de procéder à de nouvelles élections.
Cette occasion nous a permis de nous retrouver chaleureusement réunis autour

d'une somptueuse galette des rois.

Ont été élues :

Animatrice diocésaine : Gislaine Durbec

Secrétaire du bureau diocésain : Anne-Marie Léger


Aix-en Provence : fraternité Saint-Bonaventure Salon-de-Provence

Le Samedi 3 octobre 2009, veille de la st François, notre fraternité en fête se retrouvait dès 10 h,
à
la chapelle St Martin du sonnailler. Non seulement nous voulions fêter st François
mais ce jour-là, Arlette faisait son engagement définitif pour suivre Jésus le Christ
selon la forme de vie proposée par François. Le matin, un temps de réflexion,
sur le ch. 13 des Fioretti nous remémore cet épisode où François et Massée
mendient leur pain et vont le manger sur la margelle d’une source proche du

village. Puis, avant les agapes de midi, nous procédons aux élections.
Anne-Marie Maynadier, malgré sa santé défaillante, accepte de reprendre,
une nouvelle fois, la responsabilité.

Repas tiré du sac et partagé – loin du pain mendié ! – fort agréable.
De nombreux amis salonais et des villages alentour nous ont rejoints.
Nous sommes une quarantaine à festoyer gaiement dans la colline.
Des promeneurs passent, on les invite. Ils en sont éberlués. Quelques jours après ils

demanderont la clé de la chapelle pour pouvoir passer une journée à thème, visiter,
découvrir et s’imprégner de l’ambiance spirituelle du lieu.

14 h ont sonné. Nous avions prévu la première partie de la liturgie, en plein air,
pour pouvoir réfléchir encore sur les textes, en particulier sur le début de la lettre aux fidèles.
Le Père Luc, bénédictin, qui nous « assiste » n’est pas là ! Il prendra le train en marche
– Pour réfléchir, l’essentiel est que l’Esprit Saint soit là, et il est là, de fait.
Le Père Michel Desplanches, curé doyen à Salon nous manifeste sa présence priante
et participante, par téléphone. Nous entrons dans la chapelle, notre Portioncule.
Arlette va faire son engagement en présence du Père Luc, d’Antoine

Paletti, diacre permanent à Salon, du Petit Frère de l’Évangile Paul-André
(de La Roque d’Anthéron), de Danielle Acker et Anne-Marie Maynadier.
Odette Firato et Denis Blanc sont les témoins d’Arlette. Moment très fort.
Au-delà du rituel, on sent bien le souffle qui traverse non seulement Arlette,
mais toute l’assemblée, à tel point que certains invités demanderont ensuite à

participer à nos réunions pour découvrir la démarche franciscaine.
L’Eucharistie s’achève dans la joie et se poursuit… par le goûter et un air de guitare
de Norbert de la Fraternité St Benoît Labre - Côte Bleue.
Renée de la Fraternité d’Éguilles est affectueusement présente.

Merci à chacun et chacune pour leur active participation spécialement
Juliette et Annette pour les décorations intérieures et extérieures de la Chapelle
avec l’aide de Gilles au débroussaillage.

C’est l’occasion de rappeler aux Fraternités du diocèse que notre Fraternité assure,
tous les premiers dimanches du mois, la messe à St Martin du sonnailler à 16h,
suivi d’un goûter fraternel. Tout le monde y est invité.

Nos réunions sont des temps forts de réflexion. Malgré l’âge avancé de certains
(tatie Odette 92 ans !) et les ennuis de santé de plusieurs, tout le monde est fidèle
à ces retrouvailles spirituelles.

Autour du noyau salonais, il y a ceux et celles qui viennent de St Martin de Crau,
de Miramas.

"Arbre", ou du moins l’un des articles, sert de base à la réflexion, toujours dense.
Et même si les opinions divergent parfois, il n’y a jamais d’affrontement.
Le dialogue reste fraternel. À la plus grande gloire de Jésus le Christ.

Nota : Pour mémoire, la chapelle St Martin est située au village d’Auron,
tout près de Salon-de- Provence. Complètement en ruine, elle a été restaurée,
il y a une vingtaine d’années, par les S.D.F. de la Fraternité des Moreuils


Diocèse de Digne

Claudette Enfon, ayant terminé son mandat d’animatrice diocésaine,
sera remplacée par Yolande
Brun.

 

Olivier18d

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