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Le temps s’étant soudain ralenti du fait de mon séjour prolongé à Kotagiri, je

vous propose un épisode plutôt thématique des chroniques tamoules. Je vais puiser

dans les dossiers de photos constitués au fil des événements. Il en est un que j’aime

tout particulièrement…

 

Je suis noire mais belle !

1

 

Je n’ai pas pu m’empêcher de capter à la volée tout ce que j’ai pu des

expressions des femmes tamoules, de leur démarche et de leur silhouette, de leurs

visages et de leurs sourires, de leur beauté… et de leur pudeur. En effet, les

principaux obstacles à ce genre d’entreprise sont la retenue, la timidité et une grande

pudeur. Ils sont d’ailleurs difficiles à franchir ; il y a toujours un petit malaise à

prendre ces photos-là qui, pourtant, rendent hommage à la beauté féminine.

Les frères tamouls se sont beaucoup amusés de ma fascination pour la

beauté des femmes tamoules et ils ne rataient pas une occasion de me faire rougir.

Ils ont aussi provoqué des situations où, je ne sais comment, il semblait soudain

souffler un air plus décontracté, autorisant moins de distance. C’est lors d’une remise

des prix, à la fin d’un cours d’informatique monté par les frères sur un des lieux

affectés par le Tsunami, que j’ai pris quelques unes de mes plus belles images.

Pendant que les discours s’enchaînaient, j’ai pointé mon appareil hyper discret

(l’appareil posé sur les genoux, je vise par l’écran avec un objectif pivotant) et son

zoom sur quelques visages de jeunes filles. Je vous laisse admirer.

 

 

Cantique de Cantiques, 1, ??

 

 

                                                         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Vous avez sans doute remarqué, comme moi, l’air plutôt triste, ou pour le
moins pensif, qui domine les expressions. Je n’ai pas réussi à savoir si cela est du
aux effets du Tsunami, aux conditions de travail pendant les cours, au fait qu’elles
ont probablement toutes été déjà mariées selon un arrangement entre familles, ou
pour une autre raison.
Dans la vie courante, les relations sont extrêmement distantes. Il y a des lieux
séparés ou en tout cas des regroupements par genre dans les églises et les
processions, les bus et les abris bus, les voitures, les classes, etc.
Comme certains jeunes du quartier où j’habite, originaires du sud marocain,
les tamouls sont complexés par leur couleur de peau. Les femmes, en particulier, en
font toute une histoire de crèmes, poudres et autres stratagèmes. Un frère a profité
d’une confidence sur l’admiration que je portais à l’une d’entre elles, particulièrement
basanée, pour prendre publiquement le contre-pied de ce complexe en utilisant mon
appréciation. Cela m’a valu un petit moment de rougeur faciale.
Une autre de mes cibles photographiques préférées sur ce thème du
deuxième sexe : les vieilles femmes. Elles ont un regard souvent perçant, une peau
burinée et fripée comme celle des tortues, une bouche qui sourit plus volontiers
même s’il manque des dents au râtelier. Elles n’ont pas la même pudeur non plus. Il
m’est arrivé d’en croiser les seins à l’air, le pan du sari croisé au milieu de la poitrine,
fouillant les poubelles avec beaucoup de dignité. Cependant, je n’ai pas pris de
photo…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Les enfants du Bon Dieu sont parfois des canards sauvages ...


L’autre sujet inépuisable d’admiration, les enfants. Ils sont très nombreux ici,
et très vivants, jusque dans les églises. Ils tenaient leur place pendant les programs
(enchaînement de diverses prestations par des groupes bénéficiaires d’un projet
social devant un ou plusieurs bienfaiteurs), principalement par la danse. Ceux des
pensionnats tenus par les frères sont pauvres ou bien issus de familles difficiles
(alcoolisme, rupture mal opérée, violence conjugale, etc.). Ils sont en grande
demande d’affection et en même temps habités d’une grande violence. Ceux du
Home Saint François de Kotagiri sont très vite devenus mes amis. Ils m’ont appris à
danser et à compter en tamoul (bon, c’est pas encore ça…). Je leur ai appris le jeu
du béret (dogs and bone) et du serveur de café (ça a fini en bataille d’eau
évidemment). Et ils n’ont pas arrêté de tricher.
 

 

 

 

Rammia et Devia, les filles de Stanley, notre cuisinier, m’ont aussi très vite adopté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le cochon de Pâques


 

Il s’est quand même passé des choses ces temps-ci. Les frères ont décidé de
tuer un cochon pour Pâques. Il faut dire que l’agneau est rare dans ce coin à thé (un
tiers de la superficie de Kotagiri est occupé par des couvents et il appelle ça un coin
à thé !). Et justement il y avait un mâle prêt à être découpé et à qui il manquait un
testicule : impropre à la reproduction mais propre à la consommation !
Vous pensez bien que je n’ai pas raté le spectacle. Il a duré une bonne partie
de la matinée du samedi saint (vous savez, ce jour symbolique entre deux eaux, où
on ne sait pas trop quoi faire ; Jésus est mort, tout est accompli, et il n’est pas encore
ressuscité ; il n’est plus dans le tabernacle, il a déserté les églises pour visiter les
morts et les prendre par la main). Ultime étape, le pesage de portions pour la vente à
quelques couvents voisins.
J’ai pu admirer les qualités pratiques et l’audace de certains de nos étudiants
philosophes (du sans doute à leurs origines paysannes) et l’engagement d’un des
accompagnateurs spirituels et ancien provincial (il a mis les mains dans le boudin).
Ils ont fait ça proprement et sans trembler. J’ai eu quelques réminiscences au sujet
d’un certain serpent. Maintenant, éloignez les enfants de l’écran…
                                            

 

 

 

 

 

D'abord, l'attacher et lui fermer le groin

 

 

 

 

 

 

puis couper l'artère

 

 

 

 

 

 

pour récuperer le sang qui fera le boudin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bien égoutter

Couper la tête

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peler à l'eau bouillante (c'est le plus long)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Badigeonner au curcuma pour désinfecter (??)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      sortir les viscères ....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

          Découper...                              Peser .....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           et se détendre un peu !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai sauvé du bouillon quelques côtes et morceaux de filet pour un barbecue
de Pâques mémorable. Comme je l’avais déjà remarqué au noviciat, les tamouls ont
du mal avec la viande rôtie. Le barbecue que j’avais organisé là-bas n’avait pas
recueilli le même enthousiasme que j’avais mis à le préparer (le maître des novices
m’avait averti mais il voulait absolument qu’ils en fassent l’expérience).

 


Un cours pas comme les autres


L’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi de passer un mois au studium de
philosophie, c’est l’opportunité de participer à un cours de counselling et de
psychothérapie donné par un capucin devenu fameux pour cela au delà des
frontières du Tamil Nadu, le frère Wilson. A partir d’une formation canadienne, il a
développé, avec deux autres frères capucins et une équipe de religieuses et laïcs, un
savoir-faire de psychothérapeute adapté à la culture indienne. Ce cours est un
condensé et un premier pas dans le sujet. Il est donné en tamoul et en anglais. Pour
ce dernier, une quarantaine de personnes de tous âges et de tous les états du sud
de l’Inde (mais surtout des religieux et religieuses) sont venus à la fois apprendre la
théorie du counselling, le pratiquer (autant que possible) et suivre eux-mêmes une
psychothérapie pour un développement personnel et une pratique améliorée.
Cette combinaison est très riche, très remuante et très motivante aussi. Elle
prépare à la formation plus longue et plus complète qui dure trois fois un mois et
implique un engagement plus important. A suivre…

 

 

                                                                        

 

 

 

 

 

 

      Quelques participants

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Le pique-nique à l'indienne (riz enveloppé dans des feuilles de bananiers

     et sauces en sachets plastiques)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Des soeurs

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